Helene White, Part 3: Royalties

Interviewed by Fil Fraser at Banff World Media Festival on Juin, 2011

Fraser. Racontez-moi un projet qui a réussi, quelque chose qui a marché.

White. Un jour, alors que je me demandais ce que je faisais dans cette industrie, j’ai été contactée par Toronto. Ils cherchaient quelqu’un qui pourrait s’occuper d’une série dramatique. Nous avons donc eu une longue conversation et il a pensé que je pouvais m’en charger. Ce n’était pas basé sur l’une de mes idées. L’idée venait de quelqu’un à LA, Tommy Lynch, mais j’aimais beaucoup le concept. C’était quelque chose dont je pouvais m’accommoder et que je pouvais apprécier de faire. C’était une production totalement canadienne. Nous avons fait 54 épisodes et un projet pilote. Cela s’appelait Kaitlin's Way. C’est passé dans 26 pays. En Europe, cela s’appelait Just Kids. Ce fut une réussite. Nickelodeon aux Etats-Unis était un diffuseur. Aujourd’hui encore, il y a un immense club de fans. Je reçois des messages en permanence. Cette série est passée de 1999 à 2002.

F. Percevez-vous des royalties?

W. Non. J’ai dû céder ma participation aux profits pour obtenir les droits.

F. Expliquez-vous.

W. Il fallait que j’obtienne les droits pour pouvoir en faire une production canadienne. Je n’avais pas l’argent comptant qu’ils me demandaient pour cela, car c’était un producteur connu aux Etats-Unis qui possédait les droits. J’ai donc dit, « Ecoutez, ils m’ont donné une participation aux profits sur les revenus des ventes ainsi qu’une licence », j’ai donc cédé cela afin d’obtenir les droits.

F. Quel conseil avez-vous à donner aux jeunes cinéastes qui rentrent dans le milieu ?

W. Vous devez être prêt à une part de sacrifice pour faire ce que vous voulez faire. C’est un jeu difficile. Il y a beaucoup d’écueils. Il vous faut apprendre tous les aspects légaux du milieu, il vous faut être réaliste quant au niveau où vous vous trouvez sur l’échelle que vous devez grimper. Soyez honnête avec vous-même. Soyez honnête avec vos concepts. Si vous n’êtes pas honnête avec vos concepts et vos idées, vous n’allez jamais rien faire de significatif. Vous devez vraiment croire en votre projet et vous devez le protéger.

F. Vous êtes venue du secteur pétrolier et êtes retournée à l’école pour pouvoir faire cela.

W. Oui. J’ai travaillé pour une petite entreprise qui devait tout le temps gérer des risques. Je me suis donc habituée à l’idée de gérer les risques et les pertes aussi quelque fois, et le succès aussi. Cela m’a donc aidée. Il faut faire preuve de détermination pour vraiment réussir.

F. Est-ce que la technologie rend les choses un tant soit peu plus faciles aujourd’hui ?

W. La technologie est intéressante et représente un plus grand défi. J’ai commencé à travailler avec l’Internet. Nous sommes en train de construire un site web en ce moment et nous espérons qu’il aura de la valeur. Nous sommes toujours en train d’essayer de comprendre comment faire de l’argent sur la toile. C’est une amélioration en termes de communication, en termes d’idées que nous n’avions pas avant. Il faut donc regarder l’ensemble comme des façons différentes de communiquer : des langages différents, des modes de distribution différents. Je trouve cela très enthousiasmant.

F. Etes-vous optimiste quant à l’industrie ?

W. Oui, parce qu’il y a plus de gens conscients de la valeur des films venant de ce côté-ci du pays. Et nous commençons à attirer l’attention de l’étranger. J’ai participé à une table ronde ce matin, et il y avait des gens d’ABC en Australie, de Disney Worldwide et de la BBC. Ils parlaient de leur souhait de rentrer en contact avec des producteurs canadiens. C’était tout en lien avec les enfants et l’animation. C’était très encourageant d’entendre louer les mérites des intervenants canadiens.

F. Pourquoi est-ce important de faire cela ?

W. C’est important parce que communiquer est important. Il y a des gens dans ce secteur qui ont quelque chose à dire et qui vaut la peine d’être écouté. Et ils sont capables de rassembler des gens autour d’eux qui ont des choses importantes à dire. Dans un monde qui est à présent de plus en plus influencé par les systèmes de communication, c’est plus important que jamais.