Helene White, 1re partie:

Interviewed by Fil Fraser at Banff World Media Festival on Juin, 2011

Je m’appelle Helene White et j’ai un bureau à Calgary. J’ai travaillé à l’échelle internationale et nationale pendant 30 ans ou plus. Je suis « accro » à l’industrie. J’adore les gens que je rencontre, la passion qu’ils ont tous et j’ai toujours cette même passion. J’ai encore des idées à partir desquelles j’aimerais faire des films et des programmes de télévision. Et maintenant, je me lance dans le web.

Fraser. Vous êtes pionnière.

W. Je suppose que oui. Je me souviens bien que, dans les années 1970, les producteurs albertains frappaient aux portes de l’Europe avec l’aide du gouvernement. Certains d’entre nous ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Nous voulions juste parler, essayer de collecter tout ce que nous pouvions en termes de connaissances, d’informations et de contacts.

F. Comment avez-vous commencé ?

W. Je travaillais dans le secteur pétrolier, j’avais un très bon poste, et j’ai décidé un jour que ce n’était pas ce que je voulais faire toute ma vie. Je suis donc retournée à l’université. Je me suis inscrite en arts dramatiques à l’Université de Calgary. Nous avions aussi une formation cinématographique. J’ai étudié le documentaire pendant un an là-bas. Nous ne faisions pas de films, nous les étudiions. Je me souviens qu’un professeur venait de Toronto tous les quinze jours, amené par l’Université. Je ne me souviens plus de son nom. Il était tchèque et avait un accent assez fort. Quelques fois nous ne le comprenions pas mais il arrivait à communiquer avec nous. Il nous a certainement montré une grande variété de documentaires du monde entier. J’ai donc commencé avec une vision du film qui était internationale. A l’époque, je travaillais comme metteur en scène et actrice pour le théâtre alternatif à Calgary. Le théâtre m’a toujours attirée.

F. Quel a été votre premier film dramatique ?

W. On l’a appelé Rocky Mountain Triple et il a duré 60 secondes. C’était un film comique, écrit par un français à propos d’un type avec un béret et un très fort accent. Le type tenait une bouteille avec l’étiquette « Rocky Mountain triple » et la vendait à la caméra. Puis nous avons fait un panoramique sur une vache. Il y avait un troupeau de bœufs de l’autre côté de la rivière. Un bœuf a sorti sa tête hors de l’eau et a fait « Meuh ». Nous l’avons filmé et voilà, c’était la fin de notre petit film. [Rire.]

F. Régulièrement, nous avons des projets qui n’aboutissent pas. Est-ce que vous avez un film comme ça ?

W. Oui, il est basé sur des faits historiques. C’est à propos d’une église qui a été volée en Colombie Britannique. Une petite ville a perdu son église lorsque le Chemin de Fer Canadien Pacifique (CFCP) a fermé la ville.

Historiquement, le CFCP établissait des villes là où il le souhaitait. Cela ne marchait pas bien, alors ils ont décidé de fermer la gare et tout le reste. Les colons avaient construit une église à cet endroit. Ils ont démonté l’église, planche par planche. Les pièces furent toutes entassées sur le côté. Alors les gens qui avaient construit l’église l’ont volée. Ils l’ont embarquée sur une péniche le long de la rivière Columbia puis sur le lac Windermere et l’ont installée sur une colline ensablée. Elle est toujours là. On l’appelle l’Eglise Volée. Dans ma version, ils ne l’ont pas démontée planche par planche. J’avais une vision de l’église flottant le long de la rivière. Vous pouviez voir le clocher à travers la cime des arbres. C’est une sorte de comédie. Deux villes se disputaient cette église, c’est donc l’une de ces histoires.

F. Ce projet va-t-il aboutir ?

W. J’espère. Je ne l’ai pas laissé tomber. Cela fait des années que je veux raconter cette histoire.

F. Nous avons tous un projet comme cela quelque part. Quels ont été les temps forts de votre carrière ?

W. L’un des temps forts pour moi a été une série télévisée faite lorsque Peter Pearson était à la tête de Téléfilm. C’était un champion de ce nouveau concept. Vous étiez sur l’un de nos programmes, qui s’appelait Connecting. Il s’agissait d’une émission-débat pour les adolescents. J’avais été aux Etats-Unis pendant quelque temps et j’avais regardé l’émission The Donahue Show là-bas. J’ai alors pensé, et pourquoi pas une émission de type Donahue pour les enfants ? Lorsque nous l’avons produite, je disais à tout le monde que plus elle ressemblerait à l’émission Donahue, plus je l’aimerais.

Nous avons trouvé un présentateur à Montréal, après avoir demandé à une audience d’adolescents de le choisir parmi huit à neuf personnes que nous avions auditionnées à travers le Canada. Nous leur avons demandé de faire une audition en direct, puis nous avons envoyé les enregistrements à des groupes de réflexion. Le présentateur n’était pas mon premier choix mais j’ai pensé qu’ils savaient ce qu’ils faisaient, ils savaient à qui ils voulaient parler. C’était un homme qui s’appelait Reiner Schwarz et qui était connu à une époque comme le Prince Héritier de la Contre-culture dans l’est du Canada. Ils avaient le sentiment qu’il était de leur côté. Ce n’était pas une figure autoritaire leur parlant avec condescendance, leur expliquant les règles. Ils étaient donc très impatients de l’avoir pour interlocuteur. Cela a bien marché. Nous avons fait 117 épisodes, ce fut la première émission vendue sous licence qui vienne de l’Alberta. Cela a été réellement un point culminant de ma carrière. Je crois que nous avons fait le premier épisode en 1983 puis cela a continué jusqu’à environ 1985. Je suis à présent en train de préparer un remake avec toute une nouvelle génération d’adolescents. Je m’en réjouis d’avance.

Helene White, 2ème partie: Avantages et inconvénients de soutien du gouvernement